Gender

Chair : Madeleine WAYACK-PAMBE, Institut Supérieur des Sciences de la Population/ Université Ouaga 1 Pr Joseph KI-ZERBO, Burkina Faso
Co-chair : Laure MOGUEROU, Université Paris 10-Nanterre, France

L’influence des rapports de genre sur les comportements démographiques et sociaux est régulièrement soulignée dans la recherche scientifique. Mais alors que des changements importants bouleversent les sociétés africaines – massification de l’éducation, urbanisation, féminisation de l’emploi – leur impact sur les rapports de genre et leur recomposition reste peu étudiée. Ce panel se propose d’être un cadre de réflexion fertile sur cette question.

L’accès accru des femmes à la scolarisation, en particulier supérieure, à un revenu d’emploi, participe du processus de leur autonomisation en modifiant leurs trajectoires conjugales et familiales. Les travaux démographiques sur la nuptialité en Afrique montrent que la transformation des modèles conjugaux est particulièrement accentuée dans l’élite intellectuelle urbanisée et se matérialise notamment par un relèvement de l’âge au mariage des femmes, une baisse de l’écart d’âge entre conjoints, un recul des mariages arrangés, et une réduction de la fécondité (Hertrich, 2007). Mais au delà de ces quelques indicateurs, il existe encore peu de mesures et recherches sur l’évolution des rapports de genre au sein des ménages ou des couples. Qu’en est-il par exemple de la prise de décisions des femmes, du partage des tâches et des dépenses, des violences domestiques, de la socialisation sexuée ? Une attention particulière sera ici accordée aux redéfinitions de la féminité et de la masculinité, aux rôles assignés de genre, ainsi qu’aux évolutions des relations des dyades père-fille, conjoint-conjointe. Il s’agira également d’étudier très spécifiquement comment l’éducation et l’emploi des femmes transforment les rapports de genre intrafamiliaux.

Pour ce faire, deux axes de travail seront privilégiés :
1. La mesure des rapports de genre : quels sont les variables et indicateurs existants dans les enquêtes sociodémographiques actuelles? Quels nouveaux indicateurs doivent être créés?
2. L’analyse des liens du cryptique : scolarisation – emploi des femmes – transformation des rapports de genre. Si l’influence des normes de genre sur la scolarisation des filles est relativement bien documentée dans divers contextes, comment en retour l’éducation des filles et l’emploi des femmes modifient les rapports de genre est moins bien connu. L’éducation et l’emploi permettent-ils en toutes circonstances et dans tous les contextes l’autonomisation et l’agencement des femmes? Sur quels aspects et par quels mécanismes?

Les inégalités de genre étant un frein au développement, il apparait crucial : a) de mesurer ces rapports de genre, et y compris dans la sphère privée, les indicateurs portant généralement sur la sphère publique, comme l’accès à diverses ressources, la parité politique etc. ; b) de rendre compte des liens entre sphère publique et sphère privée ; c) de mettre au jour les mécanismes qui permettent ou au contraire entravent l’égalité de genre.

En résumé, ce panel vise à apporter une contribution empirique et théorique, à travers la publication de travaux originaux, sur les liens entre rapports de genre, transformations sociales et comportements démographiques.

Les activités envisagées pour le panel sont :
La finalisation de l’organisation du panel : identification par la Présidente et la Vice-présidente de quatre experts dans le domaine de la recherche sur les questions de genre provenant de différentes régions d’Afrique pour discussion finale avec le conseil de l’UEPA.
L’organisation d’un atelier d’analyse secondaire de données existantes et d’identification d’indicateurs pour lesquels des données supplémentaires devraient être collectées.

Objectifs de l’atelier :
Élaboration d’une cartographie de la mesure des rapports de genre en Afrique.
Identification de nouvelles pistes de recherche donnant lieu à la collecte de données supplémentaires.
Initiation de projets de recherche comparatifs dans différents pays. Les données permettant ces analyses comparatives seront mises à la disposition d’étudiants. L’objectif est le renforcement des capacités dans la production scientifique sur les rapports de genre et leur mesure en Afrique subsaharienne.

Participants : membres du panel et 2 ou 3 autres experts reconnus sur la recherche dans les questions de rapport de genre.

Financement de l’atelier : les membres du panel définiront une stratégie de recherche de fonds auprès des bailleurs tels que l’AUF, la BAD, le CODESRIA.
Organisation d’une séance lors du congrès de l’UEPA de 2019 sur la relation entre l’éducation, l’emploi des femmes et les rapports de genre.
Édition d’un numéro spécial dans la revue APS en anglais et en français, avec une priorité accordée aux jeunes chercheurs.

Calendrier prévisionnel des activités du panel 

Activités 2017 2018 2019
Q3 Q1 Q2 Q3 Q4 Q1 Q2 Q3 Q4
Activité 1

Identification des membres du panel

 

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Activité 2

Organisation d’un atelier de travail sur la création d’indicateurs de mesure des rapports de genre intrafamiliaux à partir d’analyses secondaires des données d’enquêtes ménages

 

 

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Activité 3

Organisation d’une séance au 8ème congrès de l’UEPA

 

 

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Activité 4

Édition d’un numéro spécial dans la revue APS sur les liens entre rapports de genre, transformations sociales et comportements démographiques

 

 

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