Recensements En Afrique

Président: Prof. Richard Marcoux, Richard Marcoux, Université Laval, Québec, Canada

Coprésident: Prof. Jean Francois Kobiane Université Ouaga 1 Pr Joseph Ki-Zerbo, Burkina Faso

« Seul un recensement de la population est en mesure d’offrir des données précises et fiables et de l’information sur ladite population à chaque échelon géographique des pays africains. Des approches alternatives ne sont pas praticables et aucune autre source n’est disponible actuellement en Afrique subsaharienne, et ne le sera dans un avenir proche. Le recensement est la seule source d’informations statistiques sur certaines populations spécifiques et sur des sous-populations qui sont trop faiblement représentées dans les enquêtes auprès des ménages. »  (Dackam, 2003 : 96, traduction libre).

Devant l’absence d’informations de base sur les populations dans la vaste majorité des pays nouvellement indépendants d’Afrique subsaharienne, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) a mis sur pied à la fin des années 1960 le Programme africain de recensement (PAR), permettant ainsi à plusieurs pays du continent de réaliser leur premier recensement. Depuis lors, plusieurs initiatives et des efforts considérables ont permis à de nombreux pays de tenir parfois plus de quatre à cinq recensements de la population, et ce, depuis le milieu des années 1970.  Si on peut se réjouir de ce constat, deux enjeux importants sont toutefois régulièrement soulevés sur lesquels le présent panel se penchera : 1) la sauvegarde des recensements africains et 2) la mise en valeur des données qui en sont issues.

Les recensements sont non seulement des outils précieux d’aide à la gouvernance mais représentent aussi des patrimoines démographiques importants qui sont actuellement menacés en Afrique. Il ne reste souvent des recensements africains des décennies 1970 et 1980 que de rares publications, très sommaires et difficilement accessibles, alors que les supports numériques des bases de données sont devenus désuets ou ont souvent complètement disparu, rendant impossible en l’état toute nouvelle exploitation de ces riches informations. Il importe de mettre urgemment en place des actions visant la sauvegarde de cette importante mémoire sur les populations africaines.

Par ailleurs, compte tenu des coûts très importants que représentent ces vastes opérations de collecte et de la grande qualité des informations qui sont recueillies, d’aucuns s’entendent pour affirmer que les recensements africains sont nettement sous exploitées.  Alors que le recours aux nouvelles technologies, que ce soit lors de la collecte des informations ou de l’exploitation des données, offrent de possibilités d’analyse scientifique encore plus importantes, les institutions de recherche semblent complétement ignorer ces informations démographiques et socio-économiques extrêmement riches sur les populations africaines.

L’objectif du présent panel est donc de mener différentes actions afin de favoriser les échanges entre les milieux de la recherche africaine et les institutions nationales de statistiques pour permettre d’assurer la sauvegarde et la mise en valeur des recensements africains.

 

Déclaration sur la sauvegarde et la mise en valeur des recensements africains
https://www.odsef.fss.ulaval.ca/sites/odsef.fss.ulaval.ca/files/declarationqc2007affiche._31052009_02326._01092011_145744.pdf

A propos du patrimoine démographique en Afrique
https://www.odsef.fss.ulaval.ca/sites/odsef.fss.ulaval.ca/files/2013-unesco-marcoux-richard-konate.pdf